LE HORLA
Récital fantastique de Guy de Maupassant
Création en juillet 2010
Présenté lors de l'édition 2010 du festival d'Avignon
" Le fantastique se caractérise par une intrusion brutale du mystère dans le cadre de la vie réelle ; il est généralement lié aux états morbides de la conscience qui, dans les phénomènes de cauchemar ou de délire, projette devant elle des images de ses angoisses ou de ses terreurs. " Petit Larousse
Extrait du texte
Malheur à nous ! Malheur à l’homme ! Il est venu, le… le… comment se nomme-t-il… le… il me semble qu’il me crie son nom, et je ne l’entends pas… le… oui… il le crie… J’écoute… je ne peux pas… répète… le… Horla… J’ai entendu… le Horla… c’est lui… le Horla… il est venu !…
Ah ! Le vautour a mangé la colombe ; le loup a mangé le mouton ; le lion a dévoré le buffle aux cornes aiguës ; l’homme a tué le lion avec la flèche, avec le glaive, avec la poudre ; mais le Horla va faire de l’homme ce que nous avons fait du cheval et du bœuf : sa chose, son serviteur et sa nourriture, par la seule puissance de sa volonté. Malheur à nous !
Note du metteur en scène
Quel est cet être invisible, immatériel, épiant, possédant, obsédant littéralement le narrateur ? Qui est ce Horla, ce « hors - là » ?
Le Horla, c’est le protagoniste qui ne se reconnaît plus.
Le Horla, c’est l’autre, l’étranger, qu’il vienne de Mars, du Brésil ou d’ailleurs.
Le Horla, c’est Nous, l’Homme du présent, disséquant l’Homme du passé terrifié de son avenir.
Le Horla, C’est Flaubert : un gourou littéraire qui a tout écrit, et qui de sa tombe continue de dominer Maupassant. Il est en moi, il devient mon âme, je le tuerai.
Le Horla enfin, c’est le metteur en scène que je suis, contrariant l’acteur que je suis, et je ne suis pas d’accord !
Je ne me regarde pas jouer mais je me surveille. Cette dualité, à laquelle je suis pourtant familier, est ici empreinte d’une résonance particulière : le thème du double encore…
« L’Acteur » est mon obsession ; l’Acteur et sa parole, trop souvent empêtrés dans une syntaxe molle, scolaire et attendue ; l’Acteur qui méconnaît les graphiques respiratoires des sentiments, qui ignore le récitatif, le chant, les déplacements de voix, les nuances de timbres, et les ruptures imprévisibles dans le torrent des mots. L’Acteur doit, comme le chanteur, comme le prédicateur, « nous réveiller nerfs et cœur ».
Perfection dans le rythme de la prose, structure mélodique complexe, chaque phrase du Horla est ciselée. Flaubert éprouvait la sonorité de sa prose en la soumettant à l’exercice du « gueuloir ». Le Horla, hanté par Flaubert, maître et double littéraire de Maupassant, réclame de toutes ses forces ce passage du scriptural au phonique, et il le réclame dans l’éventail le plus large du champ vocal ; du chuchotement à l’incantation, de l’affolement boulimique de la parole à l’aphasie du dire.
En ce moment précis, ce n’est pas le metteur en scène que je suis, qui parle à l’acteur que je suis, mais bien l’acteur qui parle tout seul. Dans Le Horla, c’est l’acteur qui dirige.
Jérémie Le Louët
Distribution
Interprétation et mise en scène : Jérémie LE LOUËT
Scénographie et costumes : Christophe BARTHÈS DE RUYTER
Lumières : Jean-Luc CHANONAT
Son et régie : Simon DENIS
Production (en cours de montage)
Production La Compagnie des Dramaticules
Coproduction Ville d'Arcueil et La Grange Dimière à Fresnes
En tournée
8 juillet 2010 – Théâtre Le Petit Chien – tous les soirs à 22h15 jusqu'au 31 juillet, dans le cadre du Festival d'Avignon
19 octobre 2010 – Le Forum à Falaise – 14h30 et 20h
5 novembre 2010 – Espace Jean Vilar à Arcueil – 10h et 14h30
6 novembre 2010 – Espace Jean Vilar à Arcueil – 20h30
26 novembre 2010 – La Grange Dîmière à Fresnes – 14h30
27 novembre 2010 – La Grange Dîmière à Fresnes – 20h
14 avril 2011 – Salle Benoit XII à Avignon
14 mai 2011 – L'Arlequin à Morsang-sur-Orge